Introduction
Les devoirs du soir peuvent vite se transformer en une montagne d’émotions, depuis le manque de motivation de l’enfant qui entraîne l’agacement du parent, allant parfois jusqu’au conflit familial. La fatigue de la fin de journée et le temps limité avant le repas du soir compliquent encore ce temps des devoirs.
Le parent peut rapidement se sentir démuni et finalement énervé de ne pas réussir à faire passer certaines notions simples de primaire à son enfant. Au collège/lycée, le jeune peut se décourager devant la quantité de travail à fournir, certains cours peu clairs ou la difficulté de certains devoirs à rendre. Comment dans ces conditions faciliter les choses et aider son enfant et adolescent à faire ses devoirs sans stress ?
Voyons en détail les quelques étapes à passer pour parvenir au but.
1. Étape 1 : Préparer le terrain
Il convient tout d’abord d’organiser l’espace de travail.
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- Définir un espace calme et agréable, lumineux, qui sera dédié au travail scolaire, que ce soit dans la chambre pour un grand ou dans le séjour pour un enfant d’âge primaire qui a besoin de faire ses devoirs avec son parent.
- Prêter attention à la hauteur du bureau ou de la table, qui doit être adaptée, et au confort du siège. Voir mon article sur la concentration sur ce même blog : Comment favoriser la concentration de votre enfant ou adolescent ? – J’aide mon enfant aux devoirs
- Installer un rituel rassurant après l’école, qui permet de décompresser : typiquement le goûter et un temps de distractions. Ainsi, l’enfant en primaire qui sort à 16H30 peut faire ses devoirs à 17H30/17H45 et celui au collège/lycée peut compter 1bonne heure entre sa sortie du lycée et le début des devoirs.
2. Étape 2 : Structurer la séance
Passons à l’organisation temporelle pour des devoirs sans stress.
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- Instaurez un horaire fixe pour les devoirs et les révisions après la pause goûter et détente . Cela les aide à s’y préparer mentalement, tout en favorisant une bonne gestion du temps. Ils s’y mettent plus facilement. Cela vous permet aussi de vous organiser pour être disponible à ce moment-là.
- Utiliser la méthode Pomodoro pour gérer le temps sans surcharge Profclasse. Le but est de rappeler le jeune à la concentration afin qu’il/elle ne perde pas de temps à penser à autre chose ou en interruptions diverses. Voir l’article sur ce blog relatif à la concentration : lien.
- Clarifiez le programme du soir avec un planning visuel affiché dans la chambre (collège) ou la cuisine (primaire), que l’enfant complètera au fur et à mesure.
- Pour les collégiens,/lycéens : commencer par bien analyser les devoirs à faire pour le soir : prévoir d’effectuer/de finir ce qui est à faire pour le lendemain et une révision des cours de la journée voire une autre matière en plus pour laquelle il faut répartir le travail sur plusieurs jours, comme un contrôle à préparer.
- Tenir compte du rythme naturel de l’enfant. Les tâches les plus difficiles devraient être réalisées pendant la période de la journée où le jeune a le plus d’énergie et de disponibilité mentale, comme le matin par exemple pendant le week-end ou le mercredi. Et les devoirs plus faciles peuvent être faits pendant les moments où le jeune est moins en forme, le soir après l’école.
- Etablissez un planning type de devoirs avec vos enfants en primaire en utilisant les 3 clefs ci-dessous :
- Clef numéro 1: adaptez la durée de la séquence de travail à l’âge de l’enfant et à ses capacités d’attention : de 20 minutes pour un CP, à 30 pour un CE1, 40 mins en CE2, 45 mins/ 1H en CM1/CM2…
- Clef numéro 2 : éviter vraiment le dernier moment, anticiper. Parfois les enfants n’ont pas leurs devoirs donc il faut les demander auprès d’autres parents ; s’avancer permet de maîtriser le temps et d’être sûr d’avoir fini pour le jour J, même s’il y a beaucoup de devoirs, même en cas d’imprévu…
- Clef numéro 3: la disponibilité mutuelle, choisir les moments où parent et enfant sont disponibles. en même temps sans que ce soit trop compliqué ; le week-end, le mercredi sont souvent plus favorables pour s’avancer ainsi sur les devoirs que de tout garder le soir en semaine. Cela permet d’être détendu pour effectuer les devoirs.
3. Étape 3 : Gérer les émotions
Passons à la motivation et à la gestion des émotions à présent.
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- Globalement, essayons d’apprendre à nos jeunes à utiliser la respiration pour se détendre, montrons-leur de la patience, et valorisons les efforts pour des devoirs sans stress.
- Encouragez une petite routine de respiration avant de commencer, pour se recentrer. Par exemple, montrez à votre enfant ou adolescent d’inspirer amplement puis de compter 3 dans sa tête en gardant l’air avant d’expirer, répétez 3 fois.
- Proposer des pauses détente au cours de longues séances de révisions, pour le brevet ou pour le BAC, ou pour la préparation d’exposés, de rédactions…
Donnez régulièrement des retours positifs à votre enfant quand il ou elle a :
– bien appris une leçon,
– réussi un exercice,
– amélioré la rédaction de la solution,
– écrit plus lisiblement,
– passé plus de temps que prévu à ses devoirs,
– progressé dans une matière.
Valorisez ses efforts, pas seulement ses résultats.
Le chemin parcouru en termes d’apprentissage est essentiel, la persévérance dans l’apprentissage compte plus que les notes. Elles s’amélioreront.
Il est important d’encourager votre enfant en primaire à :
-se mettre au travail, participer activement,
-mieux se concentrer et s’appliquer,
-chercher à progresser.
Cela renforce la motivation intrinsèque et l’estime de soi et c’est le moteur dont l’enfant a besoin pour continuer d’avancer.
💬 Exemples en CE2 : « Tu maîtrises bien les tables de multiplication de 5, 6 et 7 à présent. Bravo ! Il ne reste plus qu’à revoir encore les tables de 8 et de 9. »
« Je vois que tu as progressé en dictée. Visiblement, la méthode qu’on a choisie ensemble pour travailler tes mots fonctionne mieux. Continue comme cela ! »
« Ton cahier est propre, bien tenu. C’est parfait, continue comme cela ! ».
Au collège, lycée, valorisez :
-une bonne organisation et l’anticipation dans les devoirs, l’utilisation des permanences en journée,
-le fait de poser des questions aux professeurs et de participer en classe, pour rester actifs et apprenants ; le risque à rester silencieux(se) est de sombrer dans l’ennui,
-l’apprentissage régulier des leçons le soir sans attendre le contrôle,
-le fait de refaire les exercices. Au lycée, s’exercer est indispensable, connaître ses leçons ne suffit plus pour obtenir de bonnes notes.
Continuez à donner des retours positifs, indispensables pour rester motivés. Faites passer le message que les notes sont une photographie au temps T de l’état des connaissances que le professeur a choisi d’évaluer. Cela ne détermine pas le niveau de l’élève de façon figée.
4. Étape 4 : Encourager l’autonomie progressivement
Dernière étape, la question de l’autonomie que le jeune acquiert progressivement dans la réalisation de ses devoirs.
En primaire, dès que possible, laissez l’enfant démarrer seul avant d’intervenir : calculs, problèmes, exercice de français…sans le mettre en difficultés pour autant, guidez-le, reprenez-le gentiment mais laissez-le chercher la réponse et prendre des initiatives. Ne cherchez pas à trop contrôler. Posez des questions précises, aidez-le/la à verbaliser ce qu’il/elle ne comprend pas.
Pour revoir les leçons avec un enfant en primaire, lisez la leçon à votre enfant, expliquez là. Lisez-là une seconde fois ou faites-la lui lire. Vous pouvez faire l’inverse aussi : votre enfant peut aussi lire sa leçon lui-même/elle-même à voix haute et ensuite vous revenez dessus pour expliquer, illustrer avec des exemples. Puis attendez un peu, faites une petite pause.
Ensuite, demandez-lui de dire ce qu’il/elle a retenu. Faites-le exprimer la leçon dans ses propres mots. Les définitions doivent êtres sues, mais expliquées d’abord avec des mots plus simples au besoin.
Une erreur fréquente est de vouloir que l’enfant récite immédiatement après avoir lu. Or, il est préférable de laisser un temps d’assimilation avant de demander une restitution. Cela favorise la mémoire à long terme. Le cerveau doit décrocher 3 minutes environ après une activité d’apprentissage pour fixer les connaissances. Pourquoi ne pas proposer d’aller regarder le jardin 3 minutes ? Ou de fermer les yeux et de se reposer un peu. Ou encore de rêvasser avec un mini jardin japonais (petit support avec du sable, quelques cailloux, et un mini râteau en bois)
A la maison, usez de l’oral pour l’apprentissage des leçons pour des devoirs sans stress. L’enfant ne va pas recopier sa leçon, il va vous la restituer à l’oral.
Au collège/lycée, vous pouvez leur prendre un abonnement à une plate-forme type Schoolmouv ou avoir un compte sur Lumni. Cela leur permettra de chercher un cours mieux expliqué en cas de leçon peu claire, et de s’exercer sur un quizz, un exercice.
Consacrez-leur du temps pour les faire restituer leurs cours, notamment lors de révisions pour des contrôles.
Faites des exercices de maths/physique avec eux ou revoyez avec eux l’interprétation de schémas en sciences, la compréhension d’un texte en français, la lecture de cartes en géographie. Donnez-leur des méthodes, notamment si vous êtes un scientifique, pour simplifier les calculs, étudier une fonction, toujours en vous appuyant sur leur cours et en le réutilisant. Aidez-les à comprendre leurs textes en français, et de même revoyez avec eux la méthode de l’analyse de texte, du résumé, du commentaire pour mieux les guider. Vous errez rapidement ce qu’ils peuvent améliorer.
Qu’ils acquièrent des méthodes est essentiel au collège/lycée, dans les différentes matières.
Conclusion
Avec ces différentes étapes de franchies, les devoirs peuvent devenir un moment plus serein et plus efficace.
Pour des devoirs sans stress, à vous d’agir maintenant ! Je vous invite à tester une semaine de “devoirs sans stress” et à partager en commentaires de cet article votre retour.
Merci pour cet article qui rappelle des bases essentielles pour aider nos enfants !
Moi j’ai toujours privilégié la qualité que la quantité (en primaire c’est plus facile).
Les rendre autonomes et leur montrer leurs réussites, même petites, permet effectivement de faire de gros changements positifs et de les accompagner vers une belle confiance en soi!
Je te remercie pour ton commentaire bienveillant, Stéphanie ! Je crois effectivement que donner des retours positifs et les aider à être autonomes doit être dans nos priorités.
J’ai trouvé ton article vraiment humain et utile, bravo ! Une phrase m’a particulièrement touché : « Instaurez un horaire fixe pour les devoirs… cela les aide à s’y préparer mentalement » – c’est simple mais tellement juste. Tu rends concret ce qui peut sembler abstrait, et ça donne envie de mettre tout ça en place. Merci de partager des conseils aussi bienveillants et faciles à adopter au quotidien 🙂
Je te remercie pour ton commentaire positif, Rémi ! J’espère que ces conseils que tu trouves concrets aideront un certain nombre de parents.
Merci pour cet article très complet et riche en conseils pratiques !
J’ai particulièrement apprécié l’idée de ritualiser le moment des devoirs et de valoriser les efforts plutôt que les résultats. C’est une approche qui change vraiment la dynamique parent-enfant et qui permet de réduire la pression ressentie des deux côtés.
L’accent mis sur l’autonomie progressive est aussi essentiel : laisser l’enfant chercher, se tromper et exprimer ce qu’il a compris dans ses propres mots favorise non seulement l’apprentissage mais aussi la confiance en soi.
Je retiens également l’importance de la gestion des émotions, souvent négligée, alors qu’elle conditionne la motivation et la concentration.
En résumé, un article qui donne des clés concrètes et applicables au quotidien pour transformer les devoirs en un moment plus serein et productif. Bravo !
Merci beaucoup pour ton retour détaillé, ça m’est utile afin de mieux orienter les articles du blog !
Cet article est génial !
On dirait un guide ou une feuille de route pour accompagner les enfants dans la réalisation de leurs devoirs sans passer par la case prise de tête. J’aime particulièrement le fait que tu différencies les étapes à suivre en fonction du niveau/âge de l’enfant.
Avec un guide comme celui-là, plus besoin de réinventer la roue !
Super de voir que ça ressemble à une feuille de route, et que ça te semble concret et utile ! Merci encore pour ton retour.